carnets du vatican
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27/04/2014

Le pape François dans les pas de ses grands frères

Pourquoi avoir canonisé deux papes en même temps ? François nous donne une bribe de réponse dans une homélie qui nous éclaire sur son pontificat et sur lui-même. Analyse.

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Même en public, le pape François est un pape aux multiples facettes. Son côté jovial est désormais célèbre, tout comme sa réelle sincérité et son bonheur de rencontrer les pèlerins. On connait aussi ses phrases-chocs, sa spontanéité, sa sympathie et sa joie ; elles font partie intégrante de sa personnalité.

Parfois pourtant, on le découvre beaucoup plus sérieux, plus intérieur, plus en retrait. Regardez-le quand il prie, regardez-le lors des messes, souvenez-vous de lui ce dimanche matin lors des canonisations de Saint Jean XXIII et Saint Jean-Paul II. Pas un mot de trop, un air grave et sévère, aucune improvisation au contraire de ce qu'il se permet lors des audiences publics avec les pèlerins.

Le style François

Le pape François aime la sobriété. Lors d'une messe, son souhait est de laisser toute la place au sacrement et à la prière. Samedi dernier, alors qu'il célébrait la fête de Pâques, son homélie fut très brève : quelques minutes à peine durant lesquelles il s'est appuyé sur le texte de l'évangile, a livré un conseil, un défi très concret, et obligé chacun à replonger au pour quoi de sa foi. La messe n'est pas un cours magistral vous expliquerait-il, mais bien d'abord une rencontre qui se loge dans les interstices du recueillement.

Les conseils du pape peuvent sembler connus, ressassés, très simples aussi. Pourtant, à bien les écouter ils portent en eux une très grande exigence pour le croyant qui veut conformer sa vie au message de son Dieu. François y défend le pardon, l'accueil, la prière, la joie, l'audace de l'engagement et du don de soi, l'humilité et, bien sûr, la cohérence. Bref, des défis à travailler chaque jour pour qui veut les conquérir.

La recette des saints

Ce dimanche, autour des reliques de Jean-Paul II et Jean XXIII, François a voulu placer le cheminement de l'Église dans les pas de ces nouveaux saints. « Ils ont été deux hommes courageux », a-t-il rappelé. « Ils ont été des prêtres, des évêques, des papes du XXe siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort », ils témoignaient de « l'espérance » et de la « joie ».

Leur recette ? La docilité à l'Esprit Saint, qui permet à l'homme, par la prière et le discernement, d'accorder ses actions avec la volonté divine. En lançant contre toute attente un concile qui aura fondamentalement changé l'Église, Jean XXIII se sera laissé inspirer et « conduire » par l'Esprit Saint analysera François. Jean-Paul II, tout en devenant « le pape de la famille », n'aura pas hésité à suivre la même voie.

Le nouvel horizon du pontificat

Accompagné de leurs prières, le pape argentin compte bien poursuivre les chantiers de son pontificat. Après une réforme des institutions vaticanes qui suit son cours et qui a déjà quelques avancées dans son escarcelle, les prochains défis de François sont liés à l'accompagnement des familles et au modèle que l'Église leur propose. Le pari n'est pas gagné, et un vaste chantier de deux ans se prépare au Vatican. Être au service de ces familles et docile à l'Esprit Saint (c'est-à-dire être à l'écoute et humble dans ses réflexions), voici les deux messages que le pape retient de ceux qui l'ont précédé.

 

 

23:28 Publié dans Coulisses, Italie, Rome | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

Jean XXIII et Jean Paul II unis dans une même sainteté

Une messe historique, concélébrée par deux papes pour en canoniser deux autres a rassemblé 800.000 personnes au Vatican. Sobre, François aura été fidèle à lui-même.

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Retrouvez notre article ICI

26/04/2014

Les reliques, une idolâtrie en vogue?

Ils seront nombreux les pèlerins ce week-end à tenter d'obtenir une relique de Jean-Paul II ou Jean XXIII à Rome. Comment comprendre cette pratique si ancienne dans l'Église qui nous renvoie parfois à la superstition ?

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Des reliques insolites et curieuses : un morceau de la mangeoire du Christ ; des fragments de sa croix qui pourraient en former d'innombrables ; un bout de tissus qui aurait touché la dépouille d'un saint ; des centaines de milliers de personnes lors des tournées internationales des reliques de Padre Pio, de Sainte Thérèse ou de Saint Jean-Bosco pour ne citer qu'eux ; des basiliques parfois immenses pour les accueillir, les entourer, les honorer.

Que représentent ces étranges reliques pour les catholiques ? Pourquoi une telle adoration qui a parfois donné lieu à des commerces douteux (aujourd'hui formellement interdits par le droit canon) ? Quel est leur sens ? Comment éviter de tomber dans la superstition ou dans un « paganisme mal digéré » comme nous l'évoque Hervé Godin, séminariste français à Rome, et guide chevronné au Vatican.

« Quand nous visitons une église avec des reliques, souvent, avec nos esprits très rationnels, nous sommes un peu heurtés, car elles nous semblent incompréhensibles et scandaleuses tant elles évoquent de sombres trafics qui nous cachent aujourd'hui leur sens profond. »

Pourtant c'est très simple explique l'Église; tous, nous sommes attirés par des objets de personnes célèbres, ou attachés à ce qui a pu appartenir à des proches. Ce phénomène qui nous rappelle ce qu'elles ont été pour nous n'est donc pas proprement religieux.

Le catholicisme, lui, y a vu le moyen de rapprocher le croyant du saint en question, de ce qu'il a pu réaliser durant sa vie, ou bien dans le cas de la mangeoire par exemple, de rendre visible un mystère (le mystère de l'incarnation, du Dieu qui se fait homme). « Ce n'est donc pas la relique pour elle-même que l'on adore, mais bien ce qu'elle représente. Du coup, la question de l'authenticité devient secondaire. L'essentiel est la réflexion, la méditation et la prière que la vue d'une relique induit. »

Cependant, il est certain que l'Église veille à contrer la multiplication des faussaires, ou à éviter toute idolâtrie et superstition. « Les reliques nous conduisent à Dieu lui-même précisait Benoit XVI aux jeunes en 2005. En effet, c’est lui qui, par la force de sa grâce, donne à des êtres fragiles le courage d’être ses témoins devant le monde. »

Voici ce que viendront chercher de nombreux catholiques à travers les reliques de Jean-Paul II et de Jean XXIII ce week-end à Rome, reliques qui ne pourront en aucun cas être vendues par qui que ce soit.

Voici aussi ce que les pèlerins viennent chercher quand ils se recueillent sur les ossements de Saint Pierre au Vatican. « L'image que l'on garde de Saint Pierre à travers les évangiles, c'est celle d'une personne exubérante, qui dit sa foi de manière spontanée, un peu désordonnée, et en même temps celle d'une personne très faible, loin d'être parfaite, qui doute et qui a même trahi le Christ. Pourtant Jésus lui a demandé de fonder son Église. Le mystère rendu visible par ces reliques, c'est cet encouragement qui nous renvoie à notre propre fragilité : même au travers des plus faibles, Jésus peut réaliser de grandes choses » conclut le séminariste.

Bosco d'Otreppe à Rome