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01/03/2013

À Castel Gandolfo, on salue le nouveau voisin

Castel-Gandolfo1.jpgCastel Gandolfo. La jolie place du village dessinée par le Bernin, rehaussée d’une fontaine, de quelques bistrots, d’une mairie et d’une église regarde avec affection le palais apostolique, la résidence d’été des papes, qui trône en son cœur.

"Nous les aimons bien, nos papes", nous explique d’ailleurs Alessandro, un natif du coin qui nous guide depuis la gare. "Chacun d’eux a donné au lieu une atmosphère particulière. Et que Benoît XVI choisisse notre compagnie pour se reposer, c’est un honneur pour nous."

Car Castel Gandolfo, c’est d’abord une belle bourgade perchée à 25km au sud de Rome sur les hauteurs du lac d’Albano. C’est un lieu mythique aussi, celui d’Albe-la-Longue, la cité rivale de la Rome antique. Et depuis 400 ans maintenant, c’est le refuge pastoral, la retraite préférée des papes qui se sont succédé sur le siège pétrinien.

C’est Clement VIII qui s’est lancé dans l’aventure de cette résidence en 1596. Depuis lors, tous les papes ou presque s’y sont reposés avec bonheur. Sur place, les responsables de la maison pontificale se souviennent encore des promenades de Jean XXIII dans les collines environnantes, des chants lors des veillées que Jean-Paul II organisait avec des jeunes, des morceaux de Bach ou de Mozart que Benoît XVI engageait au piano. Paul VI comme Pie XII y sont décédés, mais durant la Seconde Guerre mondiale, les appartements de ce dernier abritèrent une maternité, et protégèrent des combats la naissance de 40 bambins.

Castel Gandolfo demeure une propriété extraterritoriale de 55 hectares avec une ferme, une école, des champs qui accompagnèrent l’histoire de la papauté.

Pour autant, cet après-midi, l’ambiance y est inédite. Les catholiques sont venus nombreux pour saluer leur pape qui, quelques minutes avant de se démettre de ses fonctions, a tenu à saluer une dernière fois la foule rassemblée sous son balcon.

A 17h d’ailleurs, ça y est. Les cloches des églises résonnent dans la vallée pour accueillir Benoît XVI qui en ce moment décolle de Rome. Sur la place, les pèlerins entonnent un chapelet les yeux rivés vers le ciel bleu de la fin d’après-midi.

"Je l’ai suivi dans tous ses voyages", nous confie une Allemande. "C’était mon pape et je vais le regretter, mais je suis heureuse de le voir si entouré ce soir."

Quand, quelques dizaines de minutes plus tard, Benoît XVI apparaît au balcon, l’on se dit que les pèlerins auront du mal à le quitter. Face a des gardes suisses stoïques, la place explose d’applaudissements. Le moment est impressionnant.

"Merci à tous". Le message du pape est court, mais tourné vers son peuple qu’il encourage à avancer avec le Seigneur. "Bonne nuit", souhaite-t-il alors avant de bénir la foule et de s’en retourner dans ses appartements. Dans deux heures, le pape redeviendra selon ses mots "un simple pèlerin".

Loin du Vatican, le village retrouvera d’ici peu son calme habituel. Benoît XVI pourra alors profiter pleinement de son repos. Le printemps réveillera les jardins, les récoltes pourront reprendre dans les champs de la propriété, la vue sur la mer s’éclaircira, les troupeaux pontificaux se reposeront à l’ombre des oliviers, des chênes et des pins. L’ancien pape replongera dans la prière et la lecture et, de la place du village, sans doute pourra-t-il entendre monter jusqu’à lui l’ambiance italienne, les résumés animés du dernier match de la squadra locale, le dimanche matin, à la sortie de la messe. Car c’est ça aussi Castel Gandolfo.

Bosco d'Otreppe

10:44 Publié dans Catholicisme, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

27/02/2013

Avec émotion, le Pape a salué son Église

Pape8 heures. Place Saint-Pierre, tout est déjà presque au point. De la foule qui, de toutes les rues, converge vers le Vatican, les premiers BE-NE-DE-TTO fusent comme les premiers chants. Les pancartes de soutien au Pape, les drapeaux sur les épaules des pèlerins sont prêts à se déployer. Aux abords de la place et de la Via della Conciliazione, les services d'ordre veillent au grain et filtrent la foule. Plus loin, les secouristes ont déjà installé leur matériel. II fait beau, le ciel est bleu, le soleil printanier presque chaud. Les journalistes arrivés en masse filment, interrogent, écrivent, enregistrent. La journée ici à Rome s'annonce très particulière.

10 heures. Du haut du perron de Saint-Pierre des prêtres égrènent en toutes les langues le nom des délégations venues de tous les pays qui leur répondent par de grands saluts. L'ambiance monte, mais la foule reste disciplinée. Beaucoup prient, certains groupes entonnent des chants. On se demande où est le Pape en ce moment, tout le monde l'attend. On se demande s'il écoute ces clameurs tel un chanteur qui va entrer en scène. C'est très étrange d'imaginer un aussi vieil homme devoir affronter une telle foule. Benoit XVI n'est pas une rock star, sûrement doit-il remercier et confier tout cela à son Dieu.

10h40. Soutenu par une fervente clameur et par les accords d'un orgue solennel, le Pape apparait Place Saint-Pierre dans sa papa-mobile. Dans l'assemblée de plus de 100.000 personnes, au-dessus des têtes, les appareils photos, les portables, les foulards, les drapeaux, les enfants sur les épaules de leurs parents se disputent la meilleure vue.

"Je suis vraiment ému et je vois l'Eglise vivante", s'élance alors le Pape interrompu par de nombreux applaudissements. "Dieu ne laissera pas couler son Eglise", ajoute-t-il en faisant allusion aux "eaux agitées" qui ont bousculé son pontificat. Très conscient de la "gravité" et de la "nouveauté" du geste qu'il a posé, Benoît XVI assure aux catholiques qu'il restera proche d'eux par la prière et qu'il continuera de servir son Église à sa façon.

"Chers amis, j’ai mené également l’Eglise dans des moments difficiles, ne perdons jamais notre foi qui est la chose la plus importante dans le chemin de l’Eglise. Soyons mus par la certitude que le Seigneur est avec nous, qu’il ne nous abandonne pas et nous témoigne de son amour. Je vous remercie" a conclu le Pape largement acclamé.

12h00. Debout dans sa papa-mobile, le Pape prend congé de la place alors que le foule l'applaudit encore longuement avant de se disséminer dans les rues de Rome.

Ce matin au Vatican, on aura ressenti un grand "merci" monter vers Benoît XVI. Avérées ou non, les catholiques ont été tout de même fort troublés par les rumeurs de scandales qui ont essaimé dans la presse ces derniers jours et qui touchaient leur religion. Ici ils comptaient montrer leur compréhension face au geste posé par le Pape, et leur soutien à ce dernier. "Notre Église est autre chose que ces scandales, ou qu'une institution accrochée au pouvoir" nous explique un pèlerin francophone. "Le Pape nous a montré que nous ne devions pas être un surhomme pour être un bon chrétien, mais que Dieu nous aimait dans nos faiblesses. Il nous a rapproché de l'Église."

"Merci", "nous sommes avec toi", "tu nous manqueras", voici ce que les catholiques présents ce matin Place Saint-Pierre ont souhaité dire à leur Pape pour l'accompagner dans ses derniers jours de pontificat.

Bosco d'Otreppe

8h Place Saint Pierre

8h Place Saint-Pierre, l'ambiance est déjà au rendez-vous plusieurs heures avant l'arrivée du Pape. Toutes les entrées sont rigoureusement gardées, les sacs surveillés. Les points de secouristes sont prêts, les journalistes très nombreux filment déjà. Les premiers chants, les premiers BENEDETTO résonnent au pied de la Basilique. La journée s'annonce très particulière au Vatican, il fait beau, il ne manque plus que le Pape.

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Eh oui, tout le monde doit discuter avec les policiers...

08:52 Publié dans Catholicisme, Coulisses, Religion | Tags : pape, rome | Lien permanent | Commentaires (0) | | |