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12/03/2013

Conclave : fumée une

photo_1363117451742-2-0.jpgChronique. Ils sont tout de même bizarres ces cardinaux. Alors qu'ils pourraient annoncer les résultats du conclave via Facebook, Twitter, des mails ou des SMS, ils ne trouvent rien de mieux que de faire attendre journalistes et catholiques (pour une fois unis dans la même galère) des heures durant sur les paves d'une place pluricentenaire, à regarder une vieille cheminée toute frêle s'échappant d'une chapelle de la renaissance. Sérieux, ils ne manquent pas d'humour ces vieux messieurs de rouge vêtus et ils doivent bien se marrer le soir, en mangeant à imaginer les milliers de journalistes qui se battent avec la pluie les grêlons et les orages pour protéger micros et caméras a l'aide de parapluies édentés.

Et si les journalistes eux, ne rient pas du tout au moment des directs ils le reconnaissent pourtant volontiers: la situation à son charme et ils ne voudraient le perdre pour rien au monde. Qui vous a dit que les chevaliers des médias n'étaient plus des guerriers prêts à affronter les éléments et capables d'une patience à toute épreuve.

Oui, ici à Rome on a vécu ce moment un peu a temporel avec amusement, enthousiasme, attente et frénésie. Vivement demain, il y aura deux fois plus de fumée, trois fois plus de soleil (enfin, on espère), et encore plus de suspens.

Bosco d'Otreppe

P.S. La fumée était noire ce soir. Sans doute dans la chapelle Sixtine déjà des tedances se se sont elles exprimées et quelques papabile ont ils vus leur nom se confirmer dans les urnes. Sans doute, car les bulletins sont déjà brûlés et nous ne les connaitrons jamais.

 

22:40 Publié dans Catholicisme, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

11/03/2013

Les cardinaux ou le Saint-Esprit ? Qui élit le Pape finalement ?

Saint_Esprit_St_Pierre_de_Romec.jpg

Les Carnets du Vatican ont essayé de comprendre comment un catholique envisageait le conclave.

Reconnaissons-le, on a déjà du mal à imaginer les cardinaux seuls et enfermés dans la chapelle Sixtine en train d'élire le futur Pape, mais alors quand ils nous expliquent que leur choix est « éclairé », « guidé » et « porté » par l'Esprit Saint, on est dans le brouillard le plus complet.

Pourtant, on ne peut envisager ou analyser un conclave comme une élection classique. Selon l'Église, c'est bien Dieu qui choisit le Pape et non les hommes, à charge pour eux de sonder leur conscience par la prière, et d'élire leur confrère en fonction de ce qu'ils auront distingué dans leur cœur. Diantre... la tâche se présente comme aussi difficile qu'étrange.

Le pré-conclave nous explique alors l'Église est le temps des discussions et des rencontres, au contraire du conclave qui est un acte liturgique durant lequel l'on prie et l'on vote. Tout le temps du conclave est en effet structuré autour de la prière, et de nombreux moments de recueillements et de confessions sont censés éclairer les cardinaux.

Mais qui est l'Esprit Saint ?

Pour l'Église, le Saint-Esprit est un don de Dieu qui se donne à l'homme, pour que ce dernier puisse accorder son intelligence avec la volonté divine. Selon Saint Irénée, la connaissance du Fils de Dieu se fait par l'Esprit Saint. C'est vous dire l'importance de celui-ci qui fait d'ailleurs partie de la Sainte Trinité et qui est donc Dieu lui-même (pour les chrétiens il y a trois personnes en un seul Dieu : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C'est ce qui est appelé la Sainte Trinité).

C'est donc l'Esprit Saint qui guide l'homme et lui fait comprendre ce que Dieu veut de, et pour lui. C'est clair. Mais à quel point alors intervient-il durant le conclave ? Comment agit-il, et comment est-il possible de le reconnaitre ?

« Il y a dans l'élection du Pape une dimension politique » nous explique un prêtre spécialiste en la matière. « Personne ne peut nier cette dimension qui n'est pourtant ni la seule, ni la première. »

Les cardinaux électeurs font agir leur intelligence pour analyser le contexte, l'état de leur Église et pour discerner quelle sera la personnalité la plus à même de la gouverner. « Ils s'attachent donc aux évènements, à la réalité, mais en ont une lecture théologique et tentent d'y distinguer la volonté de Dieu. »

Lors d'une interview accordée à la chaine KTO, le cardinal français Jean-Pierre Ricard expliquait qu'il arrive au conclave avec deux trois favoris et un ordre de priorité. Cependant continuait-il, devant le résultat des premiers votes, si celui-ci n'est pas conforme à ses souhaits, son choix continue à évoluer dans le discernement, le recueillement et la prière.

Quand on pose un acte expliquait en son temps Ignace de Loyola le père des jésuites, c'est notre ressenti profond qui nous permet de comprendre si ce geste que l'on a posé entre en adéquation avec la volonté de Dieu. Si nous nous sentons apaisés, c'est bon signe. Si notre geste nous tourmente, par contre... Il y a donc pour les cardinaux, mais aussi pour tous les catholiques au quotidien, un travail d'humilité et d'écoute de soi.

Et puis il ne faut pas avoir peur de se laisser « surprendre par le Seigneur ». Certains cardinaux concluait Jean-Pierre Ricard, comme certains croyants d'ailleurs, ont pu se trouver choqués, tristes ou abattus par l'élection d'un Pape qu'ils ne souhaitaient pas. Mais il s'agit alors de faire confiance.

À voir les cardinaux ces jours-ci à Rome, si l'Esprit Saint tient un rôle lors d'une élection, on constate qu'ils n'entrent pas pour autant en conclave en sifflotant et les mains dans les poches. Ils sont loin d'être passifs puisque pour eux Dieu fait appel autant à leur intelligence qu'à leur prière pour qu'ils puissent distinguer en âme et conscience qui sera le meilleur Pape.

L'élection d'un pape demeure en conséquence ce mélange d'aspects temporels et spirituels qui la rend si difficile à appréhender. C'est parfois bien ardu à comprendre pour un non-croyant, mais c'est pourtant indispensable si l'on veut envisager ce que pour les catholiques le conclave est en vérité.

Bosco d'Otreppe

 

 

 

23:12 Publié dans Catholicisme, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

08/03/2013

Le conclave de toutes les inconnues

7758148634_la-reunion-des-cardinaux-electeurs-commencera-dans-un-delai-de-15-a-20-jours.jpgLes réunions entre cardinaux organisées depuis une semaine n'ont pas aidé les observateurs. Les prélats sont restés mystérieux, qui osera encore citer un favori ? Analyse.

 C'est noté ! Le conclave, période ô combien importante pour l'Église débutera ce mardi 12 mars. Après avoir discuté de l'état de leur institution et du monde pendant une semaine, les 115 cardinaux électeurs présents à Rome s'enfermeront dans la chapelle Sixtine pour donner à l'Église un nouveau visage, un nouveau regard et par là une nouvelle politique.

Mais que sera-t-elle cette politique ? Qui sera le nouveau Pape ? Sur quel visage les cardinaux s'accorderont-ils avec l'aide du Saint-Esprit ? À voir nos têtes de journalistes bien incrédules à la sortie de la salle de presse, personne n'ose plus pronostiquer quoi que ce soit avec certitude. À en croire les vieux routards du Vatican, rarement un conclave s'est annoncé si ouvert, rarement une semaine de pré-conclave aura été aussi énigmatique. Alors, tentons d'y voir plus clair.

De quoi ont parlé les cardinaux ?

De tout ce qui touche à leur institution : la nouvelle évangélisation, la place de la femme, la place de l'Église dans le monde et bien sûr l'organisation de la Curie.

Les cardinaux venus des quatre coins du monde auraient souhaité avoir beaucoup de détails sur le fonctionnement de cet organe romain qui aide et encadre le travail du Pape. Rappelons que ces dernières années l'organisation même de la curie a été souvent critiquée. Beaucoup la jugent trop centralisée à Rome, ignorant les réalités que vivent les églises locales réparties sur l'ensemble des continents. Beaucoup regrettent aussi sa coordination qui manque d'efficacité et le pouvoir trop important confié au secrétaire d'État (le bras droit du pape), alors qu'aucun « conseil des ministres » n'est réellement constitué par un collège de cardinaux.

Rappelons aussi que le scandale Vatileaks de fuites de documents secrets de Benoît XVI a lourdement pesé sur l'atmosphère des rencontres. Cette affaire témoignant indirectement de la gouvernance romaine a incité de nombreux cardinaux à vouloir savoir précisément et réellement ce qui s'était passé. Les trois cardinaux surnommés les 007 qui avaient été dépêchés par le Pape pour enquêter sur cette affaire n'ont pas pu livrer l'entièreté de leurs conclusions à l'ensemble des électeurs (celles-ci sont réservées à Benoit XVI et au prochain Pape), ce qui en a déçu beaucoup.

Y a-t-il des clans ?

Sur ce point d'organisation interne quelques observateurs auraient décelé une lutte qui serait née entre les Italiens et les autres cardinaux menés par les Allemands et les Américains. C'est sans doute en partie vrai. Rappelons qu'au sein de la curie ces cardinaux italiens bénéficient d'un poids et donc d'un pouvoir considérable qu'ils ne voudraient voir s'effriter trop facilement par une nouvelle organisation plus « horizontale », comme l'a demandé avec une franchise étonnante le cardinal allemand Walter Kasper dans le quotidien la Repubblica.

Il ne faut surtout pas oublier cependant que le conclave ne se jouera pas exclusivement sur ce dossier aussi important soit-il cette année. La place de l'Église dans le monde, la nouvelle évangélisation, la gestion des scandales de pédophilie, le dialogue avec la modernité... seront d'autres points importants. Concernant ces sujets, on ne distingue plus comme lors des derniers conclaves un bloc de « progressistes » face à un bloc de « conservateurs ». Plus de la moitié des cardinaux ont été nommés par Benoit XVI et sont fidèles à sa doctrine. L'ensemble du collège est donc assez homogène.

Y a-t-il un réel favori ?

Non. Aucun nom ne récolterait pour l'instant les 77 voix indispensables à une élection. Certains citent Angelo Scola qui, pourtant italien, serait favorable à un changement de gouvernance au sein de la curie. Les tenants d'un statu quo miseraient paradoxalement sur le Brésilien Odilo Scherer qui serait épaulé par un secrétaire d'État... italien.

Pour autant, au-delà de ce qui reste des spéculations, cette élection s'annonce très ouverte. En 2005 Benoit XVI s'était très vite détaché, aujourd'hui, beaucoup parient sur un outsider qui pourrait réconcilier tout le monde.

Ce qui est certain c'est qu'il devra être « énergique et vigoureux » comme a demandé Benoit XVI, polyglotte, et qu'homme de foi, il soit capable de la « communiquer au monde ».

Citons en vrac Tagle, Ouellet, Sarah ou Erdö, mais sachons qu'à Rome la liste des papabile évolue sans cesse alors que les analyses se modifient et se tempèrent souvent. Seuls les cardinaux qui, poursuivis ou non par les journalistes s'échappent le soir dans les rues de Rome, connaissent de l'intérieur cette unique réalité qu'est la préparation d'un conclave.

À Rome, Bosco d'Otreppe