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29/05/2013

Pape François : « Je mène une vie normale »

Le-pape-Francois-salue-Diaconia-2013_articleimagepelerin.jpg« Si je change à mon âge je risquerais d'être ridicule .» La lettre du pape à un de ses amis.

 En réponse à une lettre d'un ami prêtre argentin, le père Enrique Rodríguez (Quique pour le pape et les intimes), qui lui envoyait de ses nouvelles, le pape lui a répondu, racontant tout simplement la vie qu'il mène au Vatican.

Le Père Quique n'a, on le comprend, pas hésité à la partager avec ses paroissiens.

Cher Quique,

J’ai reçu aujourd’hui la lettre du 1er mai dernier. Elle m’a donné une grande joie et la description de la fête patronale m’a apporté de l’air frais. Je vais bien et je n’ai pas perdu la paix face à un fait totalement surprenant et je considère cela comme un don de Dieu. J’essaie d’être et d’agir comme lorsque j’étais à Buenos Aires. Si je change, à mon âge, je risquerais d’être ridicule.

Je n’ai pas voulu aller habiter dans le Palais apostolique, je m’y rends uniquement pour travailler et pour les audiences. Je suis resté vivre à la Maison Sainte-Marthe, une maison (où nous logions pendant le conclave) d’accueil pour évêques, prêtres et laïcs. Je vis à la vue de tous et je mène une vie normale : messe publique le matin, déjeuner avec tout le monde dans le réfectoire, etc. Cela me fait du bien et cela évite que je sois isolé.

Quique, salue tes fidèles de ma part. Je te demande, s’il te plait, de prier et de faire prier pour moi. Salue Carlos et Miguel. Que Jésus te bénisse et que la Vierge Marie te protège.

Fraternellement,

François“.

 

28/05/2013

Beppe Grillo ne serait-il qu'une étoile filante politique ?

grillo.jpgLoin d'avoir apporté des solutions, son parti déçoit lors des élections municipales, alors que de manière générale la politique peine à égayer l'enthousiasme italien.

Février fut son triomphe, le mois de mai déjà sa première déroute ?

Souvenez-vous de Beppe Grillo, le fondateur et figure de proue du Mouvement 5 étoiles (M5S) qui, lors des élections générales du mois de février avait remporté à la stupeur générale 25% des suffrages. Ancien comique, inclassable sur le champ politique, champion de la harangue et des meetings animés, chantre de la démocratie directe, populiste aguerri, il se moque depuis des années des politiques, du « système », de l'Europe, et dénonce sans cesse la corruption italienne sur le thème du « tous pourris » mâtinés d'insultes. Partition qui lui convient bien, puisqu'avec la colère du peuple sur ses épaules, il sut rassembler déçus et mécontents de tous bords.

Pourtant, au moment de prendre ses responsabilités et de monter dans une majorité, il ne répondit pas aux appels du Parti Démocrate arrivé alors en tête, et s'amusa depuis les bancs de l'opposition à fustiger le gouvernement de large coalition, structuré autour du PD et du Parti de la Liberté pourtant ennemis de toujours (et respectivement de gauche et de droite).

L'opposition me permettra d'aiguiser mes armes, avait-il dû se dire en substance, alors qu'il promettait à l'Italie qu'il chamboulerait le système politique avec ses 163 députés désormais installés au sein de l'hémicycle. C'était cependant sans compter sur l’inexpérience de ces derniers, incapables de dessiner une réelle ligne politique, d'arbitrer des polémiques internes, et de gérer leurs rapports avec les médias.

Pour un parti qui dépend presque entièrement de son leader, les élections municipales de ce week-end s'affichaient donc comme un fameux test électoral... bel et bien raté en définitive : aucun des candidats estampillés M5S ne put se hisser au second tour d'une des 564 communes où se tenaient ses élections. De quoi hypothéquer sur son avenir ? Nul ne le sait encore, mais ce n'est pas ces résultats qui lui permettront de s'implanter durablement dans les terreaux locaux.

Politique vs Calcio

Ouf ! s'est écrié le Premier ministre Enrico Letta qui y a vu un plébiscite pour sa jeune majorité, et un revers pour l'opposition.

Pourtant, pour lui non plus tout n'est pas rose. Car si son parti le PD s'en sort bien (notamment à Rome ou il arrive en tête et pourrait reprendre la mairie), le grand gagnant de ces élections reste l'abstention. 38% des électeurs ne se sont pas présentés sur l'ensemble du territoire, et 47,2% d'entre eux dans la capitale (plus 25% par rapport à 2008).

Ces chiffres inquiétants, résument donc à eux seuls l'objectif de la classe politique italienne : renouer un dialogue de confiance avec les électeurs.

À Rome, journalistes et politiciens ont excusé et justifié cette désertion des urnes par la tenue dimanche du derby entre les deux clubs de la capitale, la Lazio et la Roma. Le mal est bien sûr plus profond. « La centralité du Calcio dans les années quatre-vingt» explique pour autant le docteur en science politique Hervé Rayner, « correspond [notamment] à la phase de déclin des passions politiques »1.

Au coeur de Rome, le Colisée incarne à lui seul la formule bien connue « du pain et des jeux », ce qu'est sans doute, à sa manière, la fougue théâtrale et populiste de Beppe Grillo, symptôme d'un grave désamour pour la politique en général.

Bosco d'Otreppe

 

1L'Italie, Paris, Le Cavalier Bleu, 2009, p. 73.

 

 

 

24/05/2013

Rome s'affronte

roma_lazio_totty_getty.jpgChronique. Ici à Rome (qui n'en a pas le monopole apparemment), le soleil ne comprend décidément rien a rien tant il hésite et divague.

Pourtant, le week-end s'annonce chaud et tendu dans la capitale italienne. Rome doit en effet se choisir son sindaco (son bourgmestre), en même temps que son club de football. Et les débats ne s'annoncent pas des plus simples.

Après un vendredi marqué par une nouvelle grève des transports publics et par le chahut exubérant des places accueillant les derniers meetings électoraux, nous en découvrirons un peu plus lundi de l'avenir de Gianni Alemanno, l'actuel maire de la ville, qui sort d'un quinquennat plus que mitigé selon les observateurs, mais d'une campagne d'une efficacité redoutable. Rappelons qu'il est de droite, du parti de Berlusconi, et que nous les aimions ou non, les militants du PDL restent des as de la campagne. Situé dans les sondages autour des 30%, il se retrouve juste derrière Ignazio Marino du parti démocrate, et devant les deux outsiders Marcello De Vito (un ami de l'ex-comique et actuel leader politique Beppe Grillo), et de la surprise de l'année, Alfio Marchini, qui souhaite rassembler tous les modérés et les déçus de la gauche.

Scandales judiciaires, chômage, criminalité, état catastrophique des services publics, aménagements urbains ratés... ont pollué le quinquennat sortant, et les Romains, désabusés en sans grandes perspectives en pleine crise attendent de retrouver un avenir. Roma kaputt titrait entre temps l'hebdo de gauche L'Espresso. Les élections se dérouleront dimanche et lundi. Nous reviendrons mardi sur les principaux défis qui attendent le prochain sindaco.

Mais dimanche, s'annonce aussi ce qui reste comme un des plus grands derbys footballistiques de la péninsule et, soyons audacieux, d'Europe. La Roma affronte dans le stade qu'elles se partagent, son ennemie de toujours, la célèbre Lazio. II en va de leur honneur et du prestige bien sûr, mais les deux squadra historiques de la capitale joueront une qualification pour la coupe d'Europe de l'année prochaine en tentant de s'emparer de la coupe d'Italie.

Leurs dernières confrontations s'étant soldées par de violents débats entre supporteurs, la police sera à nouveau sur les dents. 

Pour s'amuser de quelques cliches d'ailleurs, sachez que les romanisti, les supporteurs de la Roma, sont plutôt du centre-ville et plutôt de gauche, alors que leurs ennemis de la Lazio proviennent des banlieues plus aisées et plus droitières. Mais tout s’emmêle finalement autour des pelouses, dont l'ardeur ressemble a celle des meetings électoraux, et où les conversations mixent dans une même passion les débats tactiques et idéologiques.

Car ce n'est pas une légende, les Romains raffolent de parler foot et politique autour du café matinal : en Italie le calcio est une religion, et les politiciens ses meilleurs enfants de chœur. 

Bosco d'Otreppe

P.S. Avec 22 listes de candidats, le bulletin de vote des Romains ce week-end entrera dans le Guinness des records, mesurant... 1 mètre et 16,5 centimètres.

totti,papa francesco,calcio,vatican,footP.P.S. Le pape François, fan de foot, a reçu en audience mercredi Francesco Totti, le joueur emblématique de la Roma, et l'attaquant de la Lazio Louis Saha qui lui ont remis des maillots marqués de son nom. Une ultime tentative pour pacifier le derby ?