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24/05/2013

Rome s'affronte

roma_lazio_totty_getty.jpgChronique. Ici à Rome (qui n'en a pas le monopole apparemment), le soleil ne comprend décidément rien a rien tant il hésite et divague.

Pourtant, le week-end s'annonce chaud et tendu dans la capitale italienne. Rome doit en effet se choisir son sindaco (son bourgmestre), en même temps que son club de football. Et les débats ne s'annoncent pas des plus simples.

Après un vendredi marqué par une nouvelle grève des transports publics et par le chahut exubérant des places accueillant les derniers meetings électoraux, nous en découvrirons un peu plus lundi de l'avenir de Gianni Alemanno, l'actuel maire de la ville, qui sort d'un quinquennat plus que mitigé selon les observateurs, mais d'une campagne d'une efficacité redoutable. Rappelons qu'il est de droite, du parti de Berlusconi, et que nous les aimions ou non, les militants du PDL restent des as de la campagne. Situé dans les sondages autour des 30%, il se retrouve juste derrière Ignazio Marino du parti démocrate, et devant les deux outsiders Marcello De Vito (un ami de l'ex-comique et actuel leader politique Beppe Grillo), et de la surprise de l'année, Alfio Marchini, qui souhaite rassembler tous les modérés et les déçus de la gauche.

Scandales judiciaires, chômage, criminalité, état catastrophique des services publics, aménagements urbains ratés... ont pollué le quinquennat sortant, et les Romains, désabusés en sans grandes perspectives en pleine crise attendent de retrouver un avenir. Roma kaputt titrait entre temps l'hebdo de gauche L'Espresso. Les élections se dérouleront dimanche et lundi. Nous reviendrons mardi sur les principaux défis qui attendent le prochain sindaco.

Mais dimanche, s'annonce aussi ce qui reste comme un des plus grands derbys footballistiques de la péninsule et, soyons audacieux, d'Europe. La Roma affronte dans le stade qu'elles se partagent, son ennemie de toujours, la célèbre Lazio. II en va de leur honneur et du prestige bien sûr, mais les deux squadra historiques de la capitale joueront une qualification pour la coupe d'Europe de l'année prochaine en tentant de s'emparer de la coupe d'Italie.

Leurs dernières confrontations s'étant soldées par de violents débats entre supporteurs, la police sera à nouveau sur les dents. 

Pour s'amuser de quelques cliches d'ailleurs, sachez que les romanisti, les supporteurs de la Roma, sont plutôt du centre-ville et plutôt de gauche, alors que leurs ennemis de la Lazio proviennent des banlieues plus aisées et plus droitières. Mais tout s’emmêle finalement autour des pelouses, dont l'ardeur ressemble a celle des meetings électoraux, et où les conversations mixent dans une même passion les débats tactiques et idéologiques.

Car ce n'est pas une légende, les Romains raffolent de parler foot et politique autour du café matinal : en Italie le calcio est une religion, et les politiciens ses meilleurs enfants de chœur. 

Bosco d'Otreppe

P.S. Avec 22 listes de candidats, le bulletin de vote des Romains ce week-end entrera dans le Guinness des records, mesurant... 1 mètre et 16,5 centimètres.

totti,papa francesco,calcio,vatican,footP.P.S. Le pape François, fan de foot, a reçu en audience mercredi Francesco Totti, le joueur emblématique de la Roma, et l'attaquant de la Lazio Louis Saha qui lui ont remis des maillots marqués de son nom. Une ultime tentative pour pacifier le derby ?

 

10/05/2013

Le pape et ses collègues

Le-pape-Francois-a-recu-le-patriarche-copte-orthodoxe-Tawadros-II_article_popin.jpgOn peut parier que le Pape François aime son titre de « Souverain Pontife », celui qui construit et bâtit des ponts.

Depuis les débuts de son pontificat, le dialogue interreligieux, forgé par le travail de ses prédécesseurs est en effet resté en bonne place dans son agenda. On se souvient de la présence historique (la première depuis le schisme de 1054) du plus grand patriarche orthodoxe, le patriarche de Constantinople, lors de la messe d'intronisation de François le 19 mars dernier. C'est cette fois-ci le patriarche copte orthodoxe d'Alexandrie, Tawadros II qui, pour son premier voyage à l'étranger, a décidé de se rendre à Rome. Il sera logé 5 jours dans la maison Sainte-Marthe où séjourne également le pape.

Je suis convaincu a souligné le pape ce vendredi de pouvoir « accomplir de nouveaux pas importants vers la pleine unité ». « Même si le chemin qui nous attend est peut-être encore long » a précisé le pape, « la visite d’aujourd’hui renforce les liens d’amitié et de fraternité qui (nous) unissent déjà ».

Le partage de la souffrance comme instrument d'unité

Les deux papes, si l'on peut dire, devraient discuter des liens théologiques qui les unissent, mais également de la situation difficile que vivent les Coptes en Égypte, pays dirigé par les Frères musulmans.

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent ensemble; et si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui (1 Co 12, 26) » a expliqué le Pape. « C'est une loi de la vie chrétienne, et dans ce sens, nous pouvons dire qu'il existe aussi un oecuménisme de la souffrance: de même que le sang des martyrs a été semence de force et de fertilité pour l'Église, de même, le partage des souffrances quotidiennes peut devenir un instrument efficace d'unité. Et ceci est aussi vrai, d'une certaine manière, dans le cadre plus large de la société et des rapports entre chrétiens et non-chrétiens: de la souffrance commune peuvent en effet germer, avec l'aide de Dieu, le pardon et la réconciliation. » 

"J'espère pouvoir avoir bientôt l'honneur d'une visite de Sa Sainteté dans mon pays bien aimé, l'Égypte" a encore souligné Tawadros II.

On sait que pour les catholiques, les relations avec les protestants sont pour l'instant pus difficiles, ou en tout cas plus profondément théologiques, mais le pape François sera aussi ce pape du dialogue envers tout le monde. Il y a quelques jours d'ailleurs, Baruj Tenembaum, fondateur de la Fondation internationale Raoul Wallenberg a répété que François « entretiendra un dialogue respectueux et fraternel entre les chrétiens et les juifs ».

BdO

 

22:11 Publié dans International, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

07/05/2013

Belzebuth a rejoint les cieux

giulio-andreotti.jpgGiulio Andreotti s'est éteint à l'âge de 94 ans, et avec lui c'est tout un monde qui s'en va nous confient plusieurs jeunes italiens qui ne l'ont pourtant que très peu connu.

Belzebuth comme ses ennemis aimaient à le surnommer, l'inoxydable comme l'avait baptisé la Péninsule, Saint Giulio comme l'appelaient ses amis, sont trois des nombreux surnoms que portaient cette figure de proue de la démocratie chrétienne italienne, qui fut 21 fois ministre et 7 fois président du Conseil.

Comment résumer, ou pire, qualifier la vie de cet homme à l'humour féroce, aimé par certains, détesté par d'autres qui, des années cinquante aux années nonante, en passant par les années de plomb, fit le jour et la nuit de cette Italie si mystérieuse ?

Ami des papes, proche des plus grandes personnalités du Vatican, catholique fervent, même la justice a dû revoir son jugement sur cette personnalité qui fut accusée de tout, mais finalement toujours innocentée. Relisez sa vie (http://www.lalibre.be/actu/international/article/814042/le-dernier-tour-de-giulio-andreotti.html), elle vaut tous les romans historiques italiens, retrouvez aussi le film qui lui fut consacré.

De cette personnalité au physique si souvent caricaturé (épaules rentrées, oreilles décollées...), c'est finalement le mystère que l'on gardera, et non les secrets des coulisses italiennes qu'il emporte à jamais dans sa tombe.

 « Une chose est sure », affirmait la Reppublica ce mardi, « Andreotti a été un personnage inquiétant et indéchiffrable, un mélange savamment dosé entre un mandarin chinois et un cardinal du XVIIIe siècle. (…) Il a été impliqué dans une foule de scandales, sans que l'on n'ait jamais pu prouver quoi que ce soit contre lui. (…) Il y a des indices, des amitiés, des liens, des hommes de main. Tous ces éléments tournent autour du personnage d'Andreotti et laissent penser qu'il pourrait avoir été le grand protecteur, le parrain. Un point de référence, mais rien de plus. Car cet homme si controversé et si influent ne donnait jamais d'ordres. Il se contentait de suggérer, de conseiller, d'encourager et de protéger. »


Bosco d'Otreppe