carnets du vatican
Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

08/10/2013

À Bruxelles, les chrétiens européens veulent renforcer leur foi

39734794.3.jpgComment sortir de la foi du charbonnier ? Comment vivre la foi au grand jour, mais sans prosélytisme ? Que peut-elle m'apporter ? Quelle est la place du chrétien dans une société ? Que penser de la bioéthique ? La théorie du genre existe-t-elle ? La crise économique est-elle une chance ? Dieu est-il fondamentaliste ?

Les rencontres européennes ce week-end à Bruxelles (toutes les infos sont ici) s'annoncent foisonnantes, fortes d'une trentaine d'intervenants internationaux, de plusieurs conférences et de multiples tables rondes. Rencontre avec le porte-parole de cet évènement : Ludovic Goffinet.

Pourquoi est né un tel projet de Rencontres européennes ? Sur quel constat ? Y avait-il un manque ?

Oui, elles sont nées du constat que beaucoup de chrétiens vivent une foi du cœur, sans se rendre compte réellement de tout ce que l'Église a à leur proposer aujourd'hui. Elles tenteront de montrer en quoi toute la richesse intellectuelle de l'Église peut avoir un impact extrêmement concret dans la vie de tous les jours.

Le cœur de cible de ces rencontres sera donc les 25-45 ans actifs dans la vie professionnelle, sociale, associative, familiale, pour leur montrer qu'être chrétien cela ne se limite pas à une simple appartenance culturelle, mais que cela peut avoir un réel impact. C'est donc un appel à une réintellectualisation de la foi ; à donner une intelligence à la foi du cœur. Le message de l'Église aujourd'hui est très concret, on peut en être fier, voilà ce à quoi vont nous appeler ces Rencontres européennes.

Quels sont justement ces impacts ? Plus concrètement, que le christianisme peut-il apporter aux jeunes adultes ?

Le principe du mot religion est d'être relié à la fois à Dieu, et à la fois au monde. Dans tous les aspects de l'existence, le christianisme invite le croyant à mettre d'autres dimensions fondamentales. L'Évangile nous aide avec des pistes concrètes à nous engager positivement dans tous les domaines. Si je veux être un bon père de famille par exemple, Éric de Beukelaer nous rappelait que l'Évangile nous invite à travers des paraboles à tout exiger vis-à-vis de ses enfants, à tout comprendre, mais surtout à tout pardonner. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Un chrétien chef d'entreprise, père de famille, dans l'associatif... est-il meilleur qu'un autre ?

Il a à ses côtés un bagage intellectuel que l'Église travaille depuis deux millénaires. Économiquement par exemple, c'est très intéressant. Il a des outils comme la doctrine sociale de l'Église qui a pour base l'encyclique de Léon XIII Rerum novarum. C'est un texte sublime et révolutionnaire qui tire une sonnette d'alarme en rappelant que l'économie est au service de l'homme et non pas le contraire, qu'au centre il doit y avoir l'être humain, et que si au centre il n'y a que l'argent, le profit, la domination ou le marché, on va droit dans le mur. Ce n'est pas justement ce que l'on remarque avec la crise aujourd'hui ? On peut élargir cela à la politique, à l'éthique, à la bioéthique...

L'Église propose un idéal très exigeant. Comment concilier cet idéal et la vie concrète qui impose parfois certains accommodements ?

Voilà justement ce à quoi va nous aider ces rencontres, car oui, c'est un compromis difficile à trouver, mais qui peut être fait sur des choses secondaires. Nous aurons pour nous aider de multiples ateliers carrefours concernant différentes questions, avec toujours des intervenants qui connaissent le terrain. On parlera de la famille, de la crise, de la bioéthique, des médias... Le programme sera d'une densité, d'une richesse et d'une variété colossale.

Et les non-croyants sont-ils les bienvenus ?

L'Église est ouverte, et tout le monde est le bienvenu. Mais avant tout, ces rencontres ont pour but d'approfondir la foi par une nourriture intellectuelle et une grande réflexion, pour que cette foi du cœur passe par la case « intelligence ». On va renforcer notre foi par des échanges et surtout la rencontre avec des Européens de tous les pays grâce également à différentes traductions (essentiellement français et anglais).

Mariage pour tous, bioéthique... On a parfois l'impression à travers l'actualité que le dialogue est devenu impossible entre les chrétiens et le monde laïc, comme s'ils parlaient à partir de deux socles de références différents. Comment le recréer ?

Beaucoup de progrès malgré tout ont été engendrés et portent leur fruit. Mai de la part des chrétiens, il faut avant toute une meilleure compréhension de qui ils sont, d'où ils viennent, et de quel message ils sont les dépositaires ? Les chrétiens, à la suite du pape François par exemple, doivent également toujours aimer le monde dans lequel ils vivent, aimer leur époque et ne pas regarder sans cesse dans le rétroviseur. Tout un travail a été fait là-dessus, et aujourd'hui au sein de la société, le chrétien doit prendre sa place d'homme ou de femme, de citoyen, de père, de mère, de membre engagés dans le monde associatif, sans jamais faire preuve d'un prosélytisme malsain, mais sans non plus abaisser ses couleurs ou renoncer.

Enfin et surtout, rien ne remplace la rencontre entre les gens. Aucune technologie ne remplacera jamais le dialogue direct. Le message chrétien est un message d'écoute et de lecture. Nourrissons donc notre foi de cette écoute, de la lecture, réfléchissons et allons à la rencontre de l'autre.

 

12/02/2013

La fin d'un règne et la résurrection du latin?

libération,latin,pape,benoitXVI,démission,vaticanAlors que Libération se targuait ce mardi matin d'un éditorial en latin (le voici traduit), l'AFP nous racontait cette "revanche de la culture dans la préparation des futurs journalistes".

La décision de Benoît XVI de démissionner a été donnée en première mondiale par une journaliste de l'agence italienne Ansa, qui a su saisir les paroles cruciales et totalement inattendues du pape alors que celui-ci s'exprimait en latin. "Notre vaticaniste Giovanna Chirri était en train d'écouter le discours du pape devant le Consistoire", a expliqué à l'AFP le directeur de l'information de l'agence italienne de presse, Luigi Contu. "A un moment, il s'est arrêté de parler du Consistoire. Notre journaliste a compris qu'il disait qu'il était fatigué, que la pression était trop forte et qu'il allait arrêter."

Giovanna Chirri a aussitôt appelé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, pour confirmer ces propos mais n'a pas réussi à le joindre immédiatement. C'est au moment où elle discutait avec sa rédaction-en-chef de l'opportunité de se fier à sa propre connaissance de la langue de Virgile que le père Lombardi l'a rappelée et a confirmé la nouvelle historique.

Celle-ci est tombée sur les fils d'Ansa à 11h46, reprise aussitôt par les agences du monde entier. "C'est une revanche de la culture dans la préparation des futurs journalistes", a commenté en souriant Luigi Contu.

Félicitée par ses collègues sur les réseaux sociaux, la journaliste a eu le triomphe modeste: "Le latin de Benoît XVI est très facile à comprendre", a-t-elle tweeté.

AFP