carnets du vatican
Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

18/02/2013

Le domaine du Pape, côté jardin

jardins du vatican,vatican,benoit XVI,catholicisme,papeCet Etat très particulier a tout ce qu’il faut : banque, poste, presse, passages secrets et équipe de foot.

Quand, le jour de sa renonciation, le jeudi 28 février, Benoît XVI s’envolera pour sa résidence d’été à Castel Gandolfo, qu’il jettera un dernier regard de pape sur son Vatican bien aimé, il pourra se dire, non sans émotion sans doute, qu’il demeure le seul souverain au monde dont la maison de campagne est plus vaste que l’Etat sur lequel il règne.

Car, pour être un Etat au sens classique du terme, le Vatican n’en demeure pas moins très particulier. Du haut de ses 44 hectares, le plus petit pays du monde n’a rien à envier à plus grands concurrents. Des ambassades qui lui sont consacrées ? Même l’Etat italien a dû en installer une. Une poste ou une banque ? Vous trouverez tous les timbres qu’il faut, et même un distributeur de billets qui vous parlera latin (la langue officielle du coin). Un supermarché ou un centre commercial ? Les quelques privilégiés qui peuvent s’aventurer au-delà des murs les plus gardés du pays y dénicheront tout ce qu’ils voudront. Mais sachez-le tout de même, le Vatican demeure le seul territoire de la planète où vous ne remarquerez aucune enseigne lumineuse, aucun panneau publicitaire, le seul aussi où l’armée peut se targuer d’être aujourd’hui encore habillée par Michel-Ange en personne, puisque c’est lui qui dessina l’uniforme bariolé que les gardes suisses arborent toujours.

Mais le Vatican c’est aussi une gare, des tribunaux, des pompes à essence, une imprimerie, un dispensaire et une pharmacie, des kilomètres de passages secrets, des euros spécifiques, une population qui tourne autour des 800 personnes, des ministères, un hôtel, des musées d’une richesse inouïe, la plus grande basilique du monde, une bibliothèque immense, de très intrigantes archives secrètes, des bâtiments bénéficiant de l’extraterritorialité, une radio et un journal. Le célèbre "Osservatore Romano", imprimé quotidiennement, se vante d’ailleurs d’être le journal le moins lu, mais le plus cité au monde, et d’être le seul titre imprimé dans un pays sans y être vendu (il n’y a pas de kiosques au Vatican).

Croyez-le ou non, le Vatican a aussi son équipe de football, la célèbre Redemptoris Mater, et son tournoi mis en place par le cardinal Bertone, le bras droit du Pape. Lors de son seul match international, des prêtres venus du Brésil, d’Uruguay ou du Mexique ont enrichi les rangs de la Redemptoris qui a pu arracher le nul blanc face à la Principauté de Monaco. Tennismen, quant à vous, soyez rassurés, il existe un terrain au Vatican, ainsi qu’une aire de jeux pour les enfants des familles qui résident dans la Cité.

Mais en dehors des tacles occasionnels, le Vatican est d’abord la nation du silence, de la prière, du temps tamisé et du bruissement des chasubles. Dans son hélicoptère qui dérangera une dernière fois le ciel romain, Benoît XVI les imaginera, ses cardinaux, se préparant mystérieusement à cette étrange élection qu’est le conclave qui s’annonce. Quant à lui, il préférera sûrement regarder les jardins pontificaux qu’il aimait tant et qui s’éloigneront à l’horizon, alors que déjà se dessineront les merveilleux paysages de Castel Gandolfo, et les toits de la ferme qui occupe cette grande propriété.

Car le Pape est aussi un agriculteur qui possède des dizaines de vaches, des centaines de gallinacés, 500 000 abeilles, des oliviers, des potagers, des vergers et des fleurs. Jésus n’avait-il pas dit lui-même qu’il devait être le premier des bons pasteurs ?

Bosco d'Otreppe

15/02/2013

Et Benoit XVI, quel pape choisirait-il ?

vatican,rome,pape,benoit XVIEt s'il revenait au pape Benoit XVI d'élire son successeur, qui pourrait-il choisir ? La question est prétentieuse et le scénario fictionnel, mais il nous aide tout de même à éclaircir certains aspects de ce temps d'attente avant le conclave.

Car si le pape actuel n’interférera vraisemblablement nullement sur le choix d'un nouveau souverain pontife, on peut se demander si son ombre, les relations amicales ou professionnelles qu'il entretient, sa proximité géographique avec le futur pape (il résidera au sein même du Vatican), ses entreprises et initiatives engagées depuis 2005, l'écho de ses dernières paroles n'influenceront pas les cardinaux électeurs reclus en la chapelle Sixtine.

Le pape, pour discret et réservé qu'il fut, avait une personnalité et une politique bien tranchées. Sans nous demander si pour l'Église ce serait une bonne ou mauvaise chose (chacun appréciera à sa façon), essayons de dresser dès lors le portrait robot d'un pape qui pourrait être fidèle à ce que fut Benoit XVI.

Pas un aficionados de la coupe de champagne...

Benoit XVI n'aime pas les mondains. Se promener une coupe de champagne à la main dans une soirée mondaine, ce n'est pas trop son truc. Ce mercredi des cendres encore, lors de sa dernière homélie publique il l'a rappelé, dénonçant « l'hypocrisie religieuse, le comportement de ceux qui veulent se montrer en spectacle, les attitudes de ceux qui cherchent les applaudissements et les approbations. » En toute vraisemblance, aux hommes d'appareil happés par le pouvoir et les estrades, il préférerait sans doute le discret serviteur d'une chapelle oubliée, le fidèle lecteur d'une bibliothèque ancestrale.

mais un adepte des mots...

« Car le pape voudra quelqu'un de sûr, de stable au point de vue doctrinal » nous explique un vaticaniste. Benoit XVI est un légaliste, les textes qui ont façonné les deux mille ans de l'Église sont pour lui une base bien plus solide que la vanité que représente l'air du temps (nous y reviendrons). Revenir au contenu, au catéchisme de l'église, à la liturgie solennelle, à la foi, voici son credo. Dans ses livres, les mot, pesés, et soupesés, n'avaient pour lui qu'un unique but : participer au rayonnement des paroles bibliques.

du rayonnement de la raison...

« Ce n'est pas les religions et la violence qui vont ensemble, mais la religion et la raison » expliquait le pape le 20 septembre 2006. Toute son œuvre théologique tente de faire dialoguer foi et raison, l'une n'allant pas sans l'autre.

Attention cependant, en matière d'assemblage le pape s'est toujours montré prudent. Les penseurs qui ont voulu s'en prendre aux dogmes, tout comme les doctrines qui ont voulu réconcilier foi et marxisme par exemple, ou celles qui tentaient d'accorder foi et psychanalyse, ont rarement trouvé grâce aux yeux du pape. Il a même pu se montrer très sévère à leur égard, les penseurs de la théologie de la libération s'en souviendront, ou même Eugène Drewermann qui affirmait que la prêtrise était la solution qu'un homme donnait à son conflit œdipien.

La foi et la raison doivent s'éclairer c'est sûr, mais attention, pour Benoit XVI la raison ne peut tenter de ravaler ce qui fait l'unicité de la foi et du message biblique : sa nature transcendantale et divine.

et de la difficile natation

« Vous êtes le sel de la terre. » La parole de l'Évangile de Matthieu résume à elle seule ce que Benoit XVI a voulu faire de son église. Si le sel a le même goût que l'aliment à quoi sert-il ? Lui, son Église sur le dos, n'a donc pas hésité à nager à contre courant pour donner, à l'air du temps qu'il craignait tant, un autre point de vue.

Benoit XVI était un pessimiste, même si à ses yeux tout n'était pas mauvais pour autant. Mais ce monde de la vitesse, de l'image, de la com', du relativisme surtout ou du libéralisme, diantre... que le pape en avait peur. Les médias à eux seuls représentaient pour lui le manichéisme et le simplisme qui à son humble avis contribuaient à abimer l'époque contemporaine.

« Si le pape s'inscrivit sur Twitter c'est un signe qu'il ne rejetait pas tout en bloc, mais qu'il souhaitait aller au cœur même des conversations pour y apporter un discours différent » nous explique-t-on encore.

« Allez à contre courant » affirmait-il à un groupe de jeunes en 2007. « N'écoutez pas les voix intéressées et persuasives qui, de toutes parts, diffusent aujourd'hui des modèles de vie basés sur l'arrogance et la violence, le pouvoir et le succès à tout prix, l'apparence et la possession, au détriment de l'être. (...) Soyez vigilants ! Soyez critiques ! Ne suivez pas la vague produite par cette puissante action de persuasion. N'ayez pas peur, chers amis, de préférer les voies ''alternatives'' indiquées par l'amour véritable: un style de vie sobre et solidaire ; des relations d'affection sincère et pures ; un engagement honnête dans l'étude et le travail ; l'intérêt profond pour le bien commun. »

Quelle voie pour demain ?

Le Cardinal Bertone, qui bénéficie d'une grande confiance de la part du pape et que celui-ci a nommé à ses côtés comme secrétaire d'état n'était pas un homme d'appareil. Mais à la tête de la Curie il n'a pu pleinement se faire apprécier. Tout au long de son pontificat, le pape a nommé des gens qui lui étaient proches de caractère ou de pensée, et parfois plus éloignés des rouages du Saint-Siège. Cela lui fut reproché.

Entre le gestionnaire qu'il faut pour gérer une telle institution (et que pour beaucoup Benoit XVI n'était pas), et l'homme charismatique, Benoit XVI représentait une troisième voie : celle du pasteur discret et du professeur chevronné. L'histoire nous dira ce qu'elle en gardera, la critique est ouverte, mais nul doute que le pape, et malgré sa démission, assumera jusqu'au bout ce qu'il a pu dire, écrire ou tracer.

 

14/02/2013

“L’Eglise a besoin d’un Pape dynamique et en forme”

Des jeunes catholiques belges s’expriment sur la démission de Benoît XVI.

Ar. M. (st.)

génération.jpgLa récente démission de Benoît XVI n’a évidemment laissé personne indifférent dans le monde chrétien. Les jeunes catholiques belges ont aussi été très étonnés. Ce fut une très grande surprise, nous confie Thomas Capouillez, jeune de 18 ans qui a participé aux dernières Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), et qui compte bien renouveler l’expérience.

 

Il est vrai que la décision du Pape n’était pas vraiment attendue. “J’étais un peu choqué quand j’ai appris que le Pape renonçait à sa mission. Puis, après avoir lu plusieurs articles et la déclaration qu’il a faite, je me suis dit que son choix était compréhensible et qu’il a posé là un acte très courageux. Révéler au monde entier qu’on ne se sent plus capable d’effectuer la mission qui nous a été confiée est quelque chose de très fort ”, déclare Tanguy Bocquet, étudiant en gestion à UCL.

 

Pour Florine Moreau, 21 ans, le choix de Benoît XVI n’est pas une mauvaise chose. “Je pense que le fait de démissionner n’est pas mal, l’Eglise a besoin d’un Pape dynamique et en forme. S’il ne se sent plus capable d’exercer sa fonction, c’est mieux qu’il y renonce”. Une réaction qui va dans le sens de celle de Marie Michotte, étudiante en journalisme. “C’est une surprise, mais pourquoi pas? Il fallait oser le faire, c’est très respecta ble.”

 

Tous les jeunes catholiques ne pensent cependant pas comme eux. “Je trouve que le fait de pouvoir “démissionner” retire quelque chose à la fonction. Le pape Jean-Paul II est resté jusqu’à la fin, malgré la maladie”, explique Thomas.

 

Un pape ouvert au dialogue

 

Les jeunes retiendront avant tout du mandat pontifical de Benoît XVI son désir de rassembler et son ouverture aux autres religions. “Je me souviens d’un de ses discours sur le dialogue interreligieux qu’il avait prononcé lors d’un voyage au Liban. Même lors d’actes terroristes, il a toujours fait appel au dialogue”, continue Tanguy. Marie décrit, elle, le Pape comme un “homme profond et un véritable intellectuel à l’écoute des autres et notamment des jeunes”.

 

Un mandat pontifical marqué aussi par des aspects moins positifs. “Il est clair que l’image de l’Eglise est un peu ternie par des scandales comme les abus sexuels, mais Benoît XVI a toujours voulu lutter contre ces problèmes”, explique Tanguy. Selon Marie, “la crise que l’Eglise traverse date d’avant l’arrivée de Benoît XVI. Je crois qu’elle n’était pas évidente à gérer et que le Pape a fait au mieux”.

 

Un souverain pontife dans l’air du temps, mais toujours porteur de valeurs chrétiennes, semble essentiel pour ces jeunes catholiques. “Je pense qu’il faut un juste milieu. Le pape doit être moderne, en relation directe avec les jeunes, mais il doit aussi toujours y avoir un côté plus conservateur pour maintenir les valeurs essentielles de l’Eglise”, explique Thomas. Un avis partagé par Florine : “Le pape doit continuer à prôner les valeurs chrétiennes mais il est clair qu’il doit aussi évoluer avec son temps”.

 

Florine, Marie, Thomas et Tanguy se rendront aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse, prévues du 23 au 28  juillet à Rio de Janeiro. Ces rassemblements sont très appréciés de ces catholiques qui y voient le lieu idéal pour se rassembler. “On se sent parfois un peu seul quand on est jeune catholique en Belgique”, confirme Florine. “Voir que ces journées rassemblent des milliers de jeunes chrétiens issus du monde entier nous rassure et nous rappelle qu’on n’est pas seul.”

22:37 Publié dans Coulisses, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |