carnets du vatican
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27/02/2013

8h Place Saint Pierre

8h Place Saint-Pierre, l'ambiance est déjà au rendez-vous plusieurs heures avant l'arrivée du Pape. Toutes les entrées sont rigoureusement gardées, les sacs surveillés. Les points de secouristes sont prêts, les journalistes très nombreux filment déjà. Les premiers chants, les premiers BENEDETTO résonnent au pied de la Basilique. La journée s'annonce très particulière au Vatican, il fait beau, il ne manque plus que le Pape.

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Eh oui, tout le monde doit discuter avec les policiers...

08:52 Publié dans Catholicisme, Coulisses, Religion | Tags : pape, rome | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

26/02/2013

Brève chronologie pour une nouvelle ère

rome,vatican,benoitxvi,pape,religion,christianisme,catholicismeJour J-2 pour Benoit XVI, jour J-2 pour un siège vacant, jour J-n avant le conclave, jour J-(n+x) avant la fumée blanche... Vous ne voulez rien rater de ce qui va se passer au Vatican ? Alors, suivez le guide.

Mercredi 27 février : rendez-vous à 10h30 Place Saint-Pierre (ou un peu avant si vous comptez avoir une place). Des dizaines et des dizaines de milliers (on n'ose imaginer) de Romains et de catholiques arriveront au Vatican pour assister à la dernière audience de leur Pape. Il s'agira cependant d'une simple audience pour saluer le peuple rassemblé : rien d'officiel n'est prévu.

Jeudi 28 février : À onze heures dans la salle Clémentine, le Pape remerciera ses cardinaux rassemblés. À 17h, moment historique et inédit : le pape s'envolera en hélicoptère, quittera le Vatican pour rejoindre sa résidence d'été à Castel Gandolfo. Dans le diocèse de Rome, les cloches sonneront pour saluer le Pape qui s'en va. Quelques dizaines de minutes plus tard ce seront celles du diocèse d'Albano qui honoreront l'arrivée du pape dans le ciel de Castel Gandolfo.

Une fois sur place, le Pape saluera le personnel de service, les pèlerins rassemblés sur la place du village, il dinera, priera, et à 20h il ne sera plus pape et s'appellera désormais "Sa Saiteté Benoit XVI, Pape émérite".

Et après ? L'intérim sera assuré par le camerlingue (le cardinal Bertone pour cette fois), qui aura constaté la vacance et s'occupera de la gestion matérielle et courante de l'Église avec l'aide de trois autres cardinaux tirés au sort tous les trois jours.

Pendant ce temps, les cardinaux du monde entier convergeront vers Rome, choisiront la date du début du conclave1 et se réuniront en Congrégation générale. Comme il n'y a pas de candidatures officielles en vue de l'élection par les cardinaux du prochain pape, cela permet à ces derniers de discuter entre eux pour faire émerger un « profil idéal ». C'est le cardinal électeur le plus âgé (dans ce cas le Cardinal Giovanni Battista Re) qui présidera ces discussions, tout comme le conclave.

Enfin commencera alors ce fameux conclave. Nous vous en reparlerons, mais sachez que conclave veut dire fermé à clé. Les cardinaux seront en effet isolés du reste du monde (pas de télévision, pas de téléphone, pas d'internet, pas de journaux, pas de lettres...) tant qu'il n'auront pas désigné un successeur à Benoit XVI.

Durant ce conclave le monde catholique est plongé dans l'attente. Plusieurs fois par jour est organisé un scrutin. Tant qu'un nom n'a pas rassemblé deux tiers des votes, on continue. Seul moyen de communication vis-à-vis des fidèles : un poêle muni d'une petite cheminée dans lequel les cardinaux brulent les bulletins. Tant que la fumée est noire (à l'aide aujourd'hui de fumigènes), c'est qu'il n'y a pas d'accord, dès que la fumée est blanche c'est le signe de l’élection d'un nouveau Pape. Résonnent alors les cloches de la basilique Saint-Pierre et le célèbre Habemus papam, prononcé par le cardinal protodiacre et déclamé depuis le balcon central de la Basilique.

BdO

1Normalement celui-ci commence entre 15 et 20 jours après la vacance du siège apostolique, ce timing pourrait-être un peu resserré - nous devrions le savoir le premier mars.

 

25/02/2013

Chronique pour un lundi matin

presse,journalisme,religion,pape,vatican,catholicisme,benoit xviDécidément, l'Église est bien insondable pour un journaliste. 

La semaine dernière avait été rythmée par de nombreuses rumeurs de scandales et de sombres machinations au Vatican. Elles avaient agrémenté une semaine bien calme, le Pape ayant préféré se consacrer discrètement au carême plutôt qu'à une médiatique tournée d'adieu. Du coup, les avatars du Da Vinci code, nés à la suite du Vatileaks étaient revenus à la mode à l'ombre du Vatican, et reconnaissons-le, cela avait un côté amusant.

Pourtant, reconnaissons-le aussi, nous ne savons pas grand-chose de ce qui se passe au cœur du plus petit État du monde. Certes, des rancœurs, des jalousies, des débats agités s'y font jour. La curie, qui n'a jamais prétendu à la sainteté, le reconnait elle-même. Les hommes restent des hommes, et si cela n'excuse ou ne justifie rien, l'Église demeure un fragile rafiot d'humains.

Ce dimanche pourtant, elle nous aura surpris de nouveau. À force de nous délecter de rumeurs, on en avait presque oublié que son cœur bat au rythme de la foi. Face au Pape qui célébrait son dernier angélus Place Saint-Pierre, se dégageaient de l’assemblée une réelle spontanéité et une véritable sincérité (il est difficile de le dire autrement). 

Et justement, qu'y a-t-il de plus délicat pour un journaliste que de parler de la foi, élan personnel, subjectif et mystérieux qui prend sa source au plus intime de chaque croyant ? 

Alors oui, iI y a des problèmes de gouvernance au sein de l'Église, et s'y logent même de graves dérives (les scandales de la pédophilie nous l'ont rappelé). Face à ces faits, comme face aux questions que pose l'Église au monde et à celles que le monde pose à l'Église, un journaliste ne peut se dérober. 

Mais à la veille d'une semaine historique, on se dit que le plus grand défi pour la presse sera de garder la tête froide en toute circonstance. Il faudra témoigner de l'émotion sans s'y enfermer, raconter l'ambiance, ce qui se vit, relever aussi les interrogations qui se posent face au geste inédit d'un Pape et l'avenir encore incertain d'une Église. Mais nous ne pourrons jamais oublier la complexité de cette institution vieille de 2000 ans, universelle, chargée d'histoires, de traditions, de textes et d'un message inédit. Difficile à circonscrire en un seul regard, elle nous rend finalement un fameux service à nous journalistes : elle nous rappelle que tout est encore à connaitre, à explorer, à investiguer, bref, que nous n'avons jamais fini d'apprendre.

Tant mieux, la semaine s'annonce d'autant plus passionnante !

Bosco d'Otreppe