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14/10/2014

Synode :« Je sais que cela va bien se terminer, mais je ne sais pas encore comment », dit Mgr Danneels

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Invité par le pape François à participer au synode extraordinaire sur la Famille qui se tient jusqu’au 19 octobre à Rome, le cardinal Godfried Danneels nous livre ses sentiments à l’entame de la deuxième semaine synodale.

À lire ici même.

09/10/2014

Le synode n'est pas démocratique

Le pape François n’a pas peur d’être « froissé », les débats sont institutionnalisés, mais ce n’est pas une majorité parlementaire que semblent rechercher les pères synodaux.

Une chronique à lire juste ici

 

La présentation du synode c'est ci-dessous aussi

05/10/2014

Le Vatican a rendez-vous avec les familles du monde entier

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Des semaines de débats intenses s'ouvrent au Vatican. Il s'agira pour les évêques de plancher sur les questions liées à la famille. Le débat est très sensible et les attentes comme les craintes sont énormes.

Qui sait si dans quelques années, au moment de dresser le bilan du pontificat de François, nous ne reviendrons pas sur la quinzaine qui s'élance ce dimanche au Vatican. Car cette quinzaine qui ouvre officiellement une longue année de réflexion apparait aujourd'hui comme ce qui pourrait être un des moments charnières de ce pontificat.

S'inaugure en effet cette semaine une « assemblée synodale extraordinaire » qui, derrière son nom sérieux, cache des questions forts complexes.

Pour les catholiques, les synodes tels que nous les connaissons aujourd'hui sont des assemblées d'évêques du monde entier réunis à Rome pour éclairer et conseiller le pape sur des questions d'importance majeure (trois belges seront de la partie : Mgr Léonard, le cardinal Danneels et le père George Henri Ruysen en tant que collaborateur). Celui qui s'ouvre ce dimanche et qui se poursuivra par une nouvelle assemblée dans un an touche aux questions relatives à la famille. Son intitulé exact est très précis : Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation.



Il est important et attendu pour plusieurs raisons. Premièrement parce que François a fait des questions familiales un des axes clés de son pontificat. Deuxièmement, car ces questions touchent très concrètement le quotidien de la grande majorité des catholiques, et que si certains s'éloignent de l'Église c'est qu'un fossé entre eux et Rome s'est bel et bien creusé autour de ces questions. Troisièmement parce que les débats seront aussi divers que complexes. Enfin, parce que les attentes chez de très nombreux croyants sont énormes. En 2013 le Saint-Siège avait envoyé publiquement un long questionnaire à tous les diocèses du monde pour sentir le pouls du terrain. Les réponses ont été très nombreuses, et faisaient état à la fois d'une méconnaissance de la doctrine de l'Église, mais aussi d'un souhait que celle-ci puisse être assouplie.

Pourquoi et comment ?

Les débats qui seront abordés et étudiés avec des experts, des couples, des représentants d'églises orientales se présentent aussi comme des défis pour l'Église. Pourquoi ne parvient-elle donc plus à dialoguer avec bien des familles ? Pourquoi tant de baptisés ne vivent-ils plus le mariage comme le propose l'Église, c'est-à-dire dans la fidélité et dans son indissolubilité ? Comment accueillir les familles homoparentales ? Comment aider, épauler, écouter, conseiller les familles qui le désirent dans les contextes d'aujourd'hui ? Quels sont-ils ces contextes ? De quoi ont besoin les familles ? De quelles paroles ? Comment leur expliquer l'idéal que leur propose l'évangile ? Pourquoi (et sans doute est-ce là la question fondamentale) l'idéal de la famille que propose l'Église est-il conçu « comme un objectif inaccessible et frustrant, au lieu d'être compris comme l'indication d'un chemin possible » se demande L'Instrumentum Laboris, le document préparatoire au synode ?

Tapi au milieu de ces questions, se place un débat qui ces derniers temps a fait beaucoup parler de lui. Il s'agit de l'accès à la communion pour les divorcés remariés. C'est une problématique qui secoue les catholiques depuis des années, mais, dans la perspective de ce synode, qui a réveillé bien des joutes écrites. Depuis quelques mois maintenant plusieurs cardinaux de tout premier plan échangent (parfois vigoureusement) par livres, interviews et articles interposés sur la question. Certains, tels le cardinal allemand Walter Kasper ou l'évêque d'Anvers Monseigneur Bonny aimeraient voir se dessiner des ouvertures pour les divorcés remariés. D'autres, tels que le cardinal Müller (préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi) ou le cardinal Caffarra, mettent en garde contre toute avancée qui ne serait pas conforme avec le sens des évangiles.

Cette problématique (sur laquelle nous ne nous avancerons pas plus loin) demeure très emblématique des questions en jeu : des questions difficiles et pastorales qui réinterrogent les catholiques sur le sens qu'ils donnent à la miséricorde ou aux sacrements.

Un défi mondial

L'Église est universelle, et son visage prend des allures bien différentes que l'on soit au Togo, en Finlande ou en Corée. Les questions comme les réponses posées lors de ce synode devront s'adresser à tous, être accueillantes et attentives à toutes les identités. Pour autant, « tout en tenant un discours signifiant pour nos contemporains », l'Église ne voudra surtout pas brader son idéal expliquait le père Éric de Beukelaer dans nos colonnes. C'est là le lieu du tiraillement fondamental et difficile qui va animer l'église ces prochains mois.

Bosco d'Otreppe à Rome