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26/05/2014

François voulait surprendre l’histoire

Le voyage du pape en Terre sainte a surpris tout le monde. Prières profondes et gestes sincères auront marqué un déplacement annoncé pourtant comme bien difficile.

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« Mon voyage sera strictement religieux ». Sous le soleil de Rome, quelques jours avant son départ en Terre sainte, le pape avait rappelé tout le monde à l’ordre. Ne nous épuisons pas à lancer des pronostics aurions-nous dû nous dire, le déplacement de François célèbrera avant tout le dialogue œcuménique lors de la rencontre au Saint-Sépulcre avec Bartholomée, le Patriarche de Constantinople.

Pourtant, ces perspectives n’enchantaient pas tout le monde...

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25/05/2014

Le pape François a bouleversé son programme

Le pape a posé en Terre sainte des gestes inédits, et donné à son voyage une dimension historique. Vous voulez tout savoir sans ne rien rater de la soirée électorale? On vous dit l'essentiel en trois images et quelques secondes.

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1. En un geste inédit, inattendu et historique, le pape a répondu à l'attente de très nombreux chrétiens d'Orient qui souhaitaient un voyage politique de la part de François. Un voyage politique apte à témoigner au monde des souffrances, de l'isolement, et du découragement qu'ils endurent au quotidien.

Demandant d'arrêter le convoi de voitures qui longeait le mur de sécurité qui sépare Israël des territoires palestiniens, le pape a tenu en effet a se recueillir quelques instants au pied des hautes dalles de bétons et des barbelés qui séparent deux peuples. L'image, très forte, dans la continuité des critiques de Benoit XVI à l'encontre de ce même mur en 2009, ne pourra pas ne pas être mise en parallèle avec celles de demain lorsque François se recueillera devant le mur des lamentations, en plein cœur de Jérusalem. La comparaison sera-t-elle justifiée? L'impact médiatique ne se posera pas de telles questions. Sur les dalles de bétons, aux côtés du pape, on retrouvait ce graffiti : "Bethléem ressemble au ghetto de Varsovie".


2. François a profité de son aura internationale, et de la légitimité de la diplomatie vaticane pour exprimer avec fermeté l'opinion du Vatican, la reconnaissance de deux États, mais surtout pour appeler à la paix. Mieux même, pour concrétiser cet appel, par une invitation elle aussi tout aussi inattendue, il a proposé aux deux présidents de prier ensemble au Vatican.

S'ils ne se rendront pas en même temps au Vatican, les deux ont accepté, reconnaissant par là l'investissement de l'Église pour la paix.


3. Le pape reste le pape : un homme de prière. Sur les pas de Jésus, au cœur de la Terre sainte, en des endroits très forts (le Jourdain lieu du baptême du Christ, Bethléem lieu de sa naissance, le Saint Sépulcre lieu de sa mort et de sa résurrection), il a rappelé combien ceux ci devaient recentrer le croyant sur les évangiles et son devoir de chrétien.

Mon voyage en Terre sainte sera exclusivement religieux avait annoncé François. Il lui a donné une ampleur diplomatique. "Son invitation prophétique, le 'strictement religieux' est devenu de la Politique avec un 'P' majuscule : le destin commun des enfants de Dieu" analysait Philippine de Saint Pierre, directrice générale de KTO.

Avec sa rencontre avec le patriarche Bartholomeos (qui a eu lieu ce dimanche soir au Saint Sépulcre) le pape avait mis son voyage sous le signe de l'oecumenisme; dans sa recherche d'un chemin de paix, il lui a insufflé une ampleur beaucoup plus large. Ampleur qu'il faudra maintenant analyser et considérer a l'aune du rôle diplomatique bien étrange que François entend faire jouer au Vatican sur la scène internationale: la diplomatie par la prière.

Bosco d'Otreppe a Jerusalem

Bethléem, petit village en fête

Ambiance du dimanche matin, brève de campagne. image.jpg

Bethléem est très étrange: véritable bourgade citadine, elle garde tout d'un petit village de campagne qui fête ce dimanche matin l'arrivée du pape François venu y célébrer une messe. Alors qu'à quelques kilomètres, de l'autre côté du mur, Jérusalem est déjà presque bouclée et soumise en partie a un sévère couvre feu, la place de la Mangeoire, au pied de la basilique de la Nativité, bruisse d'une ambiance très spontanée. Les scouts chargés de la logistique côtoient avec panache les forces de sécurité, l'estrade qui élève l'autel papal ressemble a celle de notre enfance qui accueillait, écoliers que nous étions, la fête de fin d'année. Si, foi de chevronnés journalistes, l'organisation semble plus professionnelle que pour la venue de Benoit XVI en 2009, le tout garde un aspect "artisanal" rafraîchissant.

L'ensemble des chrétiens de Terre sainte n'a pu se rendre ce matin à Bethléem pour voir le pape; les billets étaient rares, nous en avions parlé. Mais après la déception, la joie de l'accueil a réveillé la place. Sur les murs de la ville, quelques affiches rappellent les enjeux politiques qui entourent la venue de François, mais à côté du drapeau palestinien, les drapeaux du Vatican se partagent les mains des pèlerins. Ils sont le signe visible que ce matin ceux ci se réjouissent avant tout de prier auprès de leur pape, et qu'ils sont fiers, très fiers, de l'accueillir dans leur région au quotidien si souvent difficile.