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02/10/2013

La solitude du Cavaliere ?

Une journée intense commence ce matin à Rome pour Berlusconi, mais surtout pour l'Italie et son gouvernement.

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Rome est encore à l'heure du ristretto, et pourtant devant le Sénat italien, si posé d'ordinaire, affluent déjà les taxis, se garent déjà les voitures déversant leurs caméras et leurs journalistes, se rassemble encore la police, se téléphonent, agités, des dizaines de costards cravates.

La journée s'annonce en effet périlleuse soit pour Berlusconi, soit pour le gouvernement Letta, l'Italie tout entière et les marchés de la zone euro.

Le Premier ministre Enrico Letta (Parti démocrate) doit en effet, ce mercredi, trouver une majorité auprès des 318 sénateurs pour sauver sa majorité mise à mal par la démission de 5 ministres proches de Berlusconi (Peuple de la liberté) ce week-end. On se souvient de l'alibi (augmentation de la TVA) mais on se souvient également de la raison de ces démissions : le sauvetage politique de Berlusconi, menacé d'être exclu du Sénat à la suite de sa condamnation pour fraude fiscale.

S'il ne devait s'en tenir qu'aux marchés (la bourse de Milan a choisi de faire confiance à la stabilité politique et a fermé en hausse mardi soir), ou aux Italiens eux-mêmes (un sondage commandé par La Stampa les montre opposés aux démissions), Enrico Letta aurait déjà gagné. Malheureusement pour lui, tout se joue (ou s'est déjà joué) en coulisse, dans les pièces discrètes du Palazzo Grazioli, la demeure romaine de Berlusconi, ou dans les travées du Palazzo Chigi, le siège du gouvernement.

Car lorsqu'il voit ses ministres démissionner ce week-end, le Cavaliere semble avoir gagné la partie. C'était sans compter, une fois n'est pas coutume, sur la fronde au sein de son propre camp, menée par plusieurs de ses fidèles, inquiets de voir plonger le pays dans un marasme économique à la suite d'une nouvelle crise gouvernementale.

Un roman politique

Pour la première fois donc, Berlusconi risque de se sentir vraiment seul, une solitude qu'il n'avait sans doute pas vu venir il y a quelques jours encore. À 9h30 ce matin a commencé un vote de confiance capital pour l'avenir d'un gouvernement, et pour l'avenir d'un homme de 77 ans. Ce mardi, au cours de longues heures qui ont ressemblé à un roman politique, le Cavaliere a essayé de reprendre la main auprès des siens, partagés qu'ils étaient entre la volonté de sauver un gouvernement, et la loyauté envers leur chef et leur parti. Car quel sera l'avenir de la droite sans Berlusconi?

Et en attendant ce vote ? Et bien en attendant, le chômage touche plus de 40% des jeunes italiens, selon l'Istat. C'est un record jamais plus atteint depuis 1977. Cela fait loin, on était dans les années de plomb à l'époque, mais finalement Berlusconi avait déjà 41 ans...

Bosco d'Otreppe, à Rome

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