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27/07/2013

Catholique-sur-mer

playa.jpgLes Belges sont à Copacabana ! Carnet de route n°11 : dans la nuit de samedi à dimanche

C'est fait. L'après-midi carioca semble avoir définitivement écarté les pluies qui profitaient de ses plages. Dans le ciel de Rio, un soleil rassurant s'installe avec sympathie. Les Belges qui rejoignent Copacabana, viatique sur l'épaule et semelles au bitume, n'en demandaient pas mieux. Sur leur gauche, le littoral qu'ils longent est splendide ; devant et derrière eux, des dizaines de drapeaux, des centaines de groupes, des milliers de pèlerins empruntent le même chemin. L'objectif ? Une veillée de prière en compagnie du pape, une nuit à la belle étoile sur la plage, et une messe d'envoi afin de clôturer ces 28es Journées mondiales de la Jeunesse.

« Comment un journaliste va-t-il pouvoir décrire cette ambiance ? » demande Tanguy. Comment ? Mystère. Elle est spécifique en tout cas, curieuse certainement, joyeuse objectivement. Sur la plage de Copacabana, sous le regard du Christ du Corcovado, des prêtres et des religieuses côtoient avec sourire les maillots, les parties de beach-volley, et observent l'immense autel dressé à l'extrémité de cette bande de 4 kilomètres, jalonnée de dizaines d'écrans géants. L'organisation, prête à rassembler plusieurs millions de jeunes sur un même lieu et pour 24 heures, est hors norme. D'autant qu'il y a deux jours, avant qu'une marée de boue en décide autrement, cette nuit de clôture devait encore se dérouler sur une plaine à 40 kilomètres d'ici.

À quelques mètres des premiers sacs de couchages, d’impressionnantes vagues (la scène est inédite) étalent leur savoir-faire, et surveillent ce beau monde, sans couvrir pour autant les conversations. Les groupes s'organisent, installent leur campement, se préparent pour la nuit qui ne risque pas d'être chaude. Les repas pour 24 heures ont été distribués. Points de repère bienvenus, les drapeaux plantés cette fois dans le sable flottent au vent. Une guitare lance un chant brésilien, une prière, et accompagne quelques évêques amusés qui dégainent leurs iPhone pour tirer une photo de leurs collègues engagés dans un flashmob gigantesque (ils nous l'avaient bien caché non, ce talent?).

Vers 19 heures, heure locale, le pape est attendu. Lui non plus n'aura pas profité du Brésil pour rien. Les jeunes commentent avec passion ses propos, sa visite dans une favéla, son chemin de croix accompli la veille en leur compagnie. « Si le journaliste me demande ce que j'ai retenu du message du pape, je lui dirai aller vers l'autre, vers le pauvre, vers celui que je ne voyais plus », confie un autre pèlerin stressé avant une interview pour une radio nationale. Le Pape ne le contredira pas.

«Aujourd'hui, il faut une Église en mesure de tenir compagnie, d'aller au-delà de la simple écoute » a ce samedi précisé François dans un discours fondateur quant à la vision qu'il a de son Église. « Une Église qui accompagne le chemin en se mettant en chemin avec les personnes, une Église capable de déchiffrer la nuit contenue dans la fuite de tant de frères et soeurs (...). Je voudrais que nous nous demandions tous aujourd'hui: sommes-nous encore une Église capable de réchauffer le coeur? (…) Sommes-nous encore en mesure de raconter nos sources de façon à réveiller l'enchantement pour leur beauté? »

« Moi aussi je veux rentrer en Belgique en étant fière d'être catholique, de la fraternité et de la joie que ma religion me propose » témoignait Claudia il y a quelques jours. « Vous, jeunes, êtes faits pour les grands idéaux nous a déjà dit le Pape. Que nous dira-t-il ce soir ? On pense toujours qu'il improvise, mais il sait très bien ce qu'il doit dire et quand il doit le dire ».

En attendant, des bougies s'allument parmi la foule. La nuit tombe vite sur les côtes brésiliennes.

Bosco d'Otreppe à Rio

 

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