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16/07/2013

La foi tout terrain

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Les jeunes belges sont à Rio. Carnet de route numéro 3 : Dimanche 14 juillet

Nous visitons ce dimanche une école d'agriculture où une dizaine de jeunes de notre groupe passent quelques jours. Escortés par le Padre Paul, un prêtre liégeois qui vit ici depuis 12 ans, nous sommes accueillis par Isaias, le directeur de l'établissement qui, malgré les vacances, a pu rassembler profs et élèves pour accueillir les quelques Belges que nous sommes.

« L'objectif de l'école » nous explique-t-il, « est de former les enfants des paysans afin qu'ils ne succombent pas trop vite à l'exode rural. Ils restent quinze jours, reçoivent des cours théoriques et pratiques, puis retournent travailler deux semaines pour aider leur famille dans les champs. » Aujourd'hui, ce sont eux qui font découvrir aux jeunes l'extraction du miel et la traite des vaches. « C'est sous l'impulsion d'un missionnaire français que l'école a vu le jour », conclut Isaias. « Nous vivons de petits dons et de quelques arrangements avec l'État qui nous offre l'essence par exemple ».

Mais c'est lors de la messe que l'on sent à quel point la foi, la vie de l'Église ou même la lecture de l'évangile se vivent ici dans le concret de la vie. La parabole du bon Samaritain qui sauve un homme abandonné et blessé sur le bord du chemin parle directement aux Brésiliens. « Le bon samaritain, c'est une classe sociale entière qu'il doit sauver aujourd'hui : celle des Brésiliens abandonnés au bord du chemin du progrès capitaliste. On ne se rend pas compte à quel point le soit disant progrès économique brise la vie de millions de personnes » explique Isaias lors du débat qui charpente l'homélie.

Au Brésil, de nombreux diocèses, à l'instar de celui de Goias, ne semblent pas les avoir abandonnés (nous y reviendrons jeudi). Par le biais de la Commission pastorale de la terre, fondée en 1975 par des religieux proches pour certains de la théologie de la libération, elle joue encore un rôle politique certain dans la défense de la réforme agraire et des petits paysans. « L'Église locale construit son œuvre avec l'option préférentielle pour les pauvres en ligne de mire » explique le Padre Paul. « Cela ne veut pas dire qu'elle n'aime pas les riches ; Jésus ne distribue pas sa miséricorde en fonction des portefeuilles, mais que dans le contexte économique et social, notre église veut défendre la vie en plénitude. Elle doit donc défendre, soutenir et aider les pauvres pour leur apporter de la dignité indispensable à tout Être. »

Le soir, à notre question de savoir ce qu'il voudrait léguer de plus cher aux jeunes, Isaias n'hésite pas : « la solidarité » explique-t-il. « Nos sociétés en ont fameusement besoin ». Les mains de ce vieux professeur sont burinées par les années d'agriculture qu'il partage avec l'enseignement, son regard est celui d'un grand-père attentif à son pays, et quand il parle de son école qui se dresse dans la forêt brésilienne, on sent qu'il espère sincèrement qu'elle pourra aider ses élèves.

Ces derniers, quant à eux, ont déjà sorti la musique, se sont attablés avec les futurs JMJistes, et ont repoussé les assiettes pour laisser la place aux jeux de cartes. Il suffit alors de quelques mots et de quelques gestes bricolés pour s'entendre sur les règles, et le partage est déjà sur les rails.

Bosco d'Otreppe à Goias

Retrouvez toutes les photos sur Flickr : http://www.flickr.com/photos/27562053@N02/sets/72157634640026855/

 

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