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11/03/2013

Les cardinaux ou le Saint-Esprit ? Qui élit le Pape finalement ?

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Les Carnets du Vatican ont essayé de comprendre comment un catholique envisageait le conclave.

Reconnaissons-le, on a déjà du mal à imaginer les cardinaux seuls et enfermés dans la chapelle Sixtine en train d'élire le futur Pape, mais alors quand ils nous expliquent que leur choix est « éclairé », « guidé » et « porté » par l'Esprit Saint, on est dans le brouillard le plus complet.

Pourtant, on ne peut envisager ou analyser un conclave comme une élection classique. Selon l'Église, c'est bien Dieu qui choisit le Pape et non les hommes, à charge pour eux de sonder leur conscience par la prière, et d'élire leur confrère en fonction de ce qu'ils auront distingué dans leur cœur. Diantre... la tâche se présente comme aussi difficile qu'étrange.

Le pré-conclave nous explique alors l'Église est le temps des discussions et des rencontres, au contraire du conclave qui est un acte liturgique durant lequel l'on prie et l'on vote. Tout le temps du conclave est en effet structuré autour de la prière, et de nombreux moments de recueillements et de confessions sont censés éclairer les cardinaux.

Mais qui est l'Esprit Saint ?

Pour l'Église, le Saint-Esprit est un don de Dieu qui se donne à l'homme, pour que ce dernier puisse accorder son intelligence avec la volonté divine. Selon Saint Irénée, la connaissance du Fils de Dieu se fait par l'Esprit Saint. C'est vous dire l'importance de celui-ci qui fait d'ailleurs partie de la Sainte Trinité et qui est donc Dieu lui-même (pour les chrétiens il y a trois personnes en un seul Dieu : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. C'est ce qui est appelé la Sainte Trinité).

C'est donc l'Esprit Saint qui guide l'homme et lui fait comprendre ce que Dieu veut de, et pour lui. C'est clair. Mais à quel point alors intervient-il durant le conclave ? Comment agit-il, et comment est-il possible de le reconnaitre ?

« Il y a dans l'élection du Pape une dimension politique » nous explique un prêtre spécialiste en la matière. « Personne ne peut nier cette dimension qui n'est pourtant ni la seule, ni la première. »

Les cardinaux électeurs font agir leur intelligence pour analyser le contexte, l'état de leur Église et pour discerner quelle sera la personnalité la plus à même de la gouverner. « Ils s'attachent donc aux évènements, à la réalité, mais en ont une lecture théologique et tentent d'y distinguer la volonté de Dieu. »

Lors d'une interview accordée à la chaine KTO, le cardinal français Jean-Pierre Ricard expliquait qu'il arrive au conclave avec deux trois favoris et un ordre de priorité. Cependant continuait-il, devant le résultat des premiers votes, si celui-ci n'est pas conforme à ses souhaits, son choix continue à évoluer dans le discernement, le recueillement et la prière.

Quand on pose un acte expliquait en son temps Ignace de Loyola le père des jésuites, c'est notre ressenti profond qui nous permet de comprendre si ce geste que l'on a posé entre en adéquation avec la volonté de Dieu. Si nous nous sentons apaisés, c'est bon signe. Si notre geste nous tourmente, par contre... Il y a donc pour les cardinaux, mais aussi pour tous les catholiques au quotidien, un travail d'humilité et d'écoute de soi.

Et puis il ne faut pas avoir peur de se laisser « surprendre par le Seigneur ». Certains cardinaux concluait Jean-Pierre Ricard, comme certains croyants d'ailleurs, ont pu se trouver choqués, tristes ou abattus par l'élection d'un Pape qu'ils ne souhaitaient pas. Mais il s'agit alors de faire confiance.

À voir les cardinaux ces jours-ci à Rome, si l'Esprit Saint tient un rôle lors d'une élection, on constate qu'ils n'entrent pas pour autant en conclave en sifflotant et les mains dans les poches. Ils sont loin d'être passifs puisque pour eux Dieu fait appel autant à leur intelligence qu'à leur prière pour qu'ils puissent distinguer en âme et conscience qui sera le meilleur Pape.

L'élection d'un pape demeure en conséquence ce mélange d'aspects temporels et spirituels qui la rend si difficile à appréhender. C'est parfois bien ardu à comprendre pour un non-croyant, mais c'est pourtant indispensable si l'on veut envisager ce que pour les catholiques le conclave est en vérité.

Bosco d'Otreppe

 

 

 

23:12 Publié dans Catholicisme, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | | |

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